Le vrai nomadisme: finalement ce n’est pas pour moi !

Te souviens-tu, que dans mon dernier billet,  je te disais être faite pour le nomadisme? Et bien crois-moi, j’étais vraiment très loin de me douter de ce que cela représentait réellement.  Un de nos premiers itinéraires en Mongolie nous amenait au Nord afin d’y rencontrer un peuple de nomades, éleveurs de rennes…

Comme te l’a expliqué Marco précédemment, pour nous rendre dans la vallée de “”Menbulag” là où les Dukhas, mieux connus sous le nom de Tsatannes, nous avons dû faire tout un trajet.  C’est que ce ces éleveurs de rennes, connaissent bien les endroits qui sont adéquats pour l’élevage de leurs bêtes.

Les nomades du nord

Lorsque nous sommes finalement arrivés là où ce peuple a établi son campement d’été pour élever leurs rennes, nous avons constaté que  trois familles se partagent environ 200 rennes. Ces dernières ont élevé leurs tipis sur une des parois de la colline surplombant une rivière et vallée.  Les montagnes qui nous entourent, sur lesquelles on retrouve encore un peu de neige, offrent un spectacle à en couper le souffle.

De succulents buzz au renne !

Les Doukhas nous ont accueillis à bras ouverts avec leur sourire.  Il y a toujours du thé au lait de renne bien chaud prêt à boire, du pain et fromage fait à la main. On nous sert à manger de la viande de renne.  Ce qui est très rare pour les nomades, car habituellement ils n’en mangent qu’une fois par an. Nous sommes très chanceux! C’est un vrai régal! Les gens sont si généreux cela m’émeut!  Ben oui, j’ai pleuré tu me connais, les larmes me viennent facilement! Pas capable de contenir ma joie, ma douleur, mon extase, ma fierté d’avoir tout fait cela avec ma famille!

Nous passons trois jours magnifiques où rien ne presse.  Nous nous laissons porter à nos envies les plus lentes et profitons de chaque instant avec les villageois.

Pas exactement pour moi

Malgré tous ces aspects positifs, la vie de nomade n’est pas faite pour moi.  Je t’explique pourquoi.

D’abord l’endroit  où nous nous sommes installés est le campement d’été, les habitants y installent des tipis recouverts d’une toile et au centre desquels se situe un foyer au bois bien utile.  Utile parce que les nuits, même si nous sommes en été, sont très fraîches. Fraîches au point que si tu te lèves vers 5:00 du matin, heure à laquelle la traite de renne s’effectue, le sol est givré.  N’oublie pas, nous sommes à plus de 2000 m. d’altitude. Tout pour plaire à la mexicaine en moi.

Dans ces tipis, on retrouve de deux à quatre lits simples sur lesquels sont déposés des couvertures qui font office de matelas.  Tu m’imagines quelques jours à dormir là-dessus ? Moi qui rêvait déjà de dormir sur mon matelas deux semaines après être partie… Ces habitats, dans quelques jours, seront démontés afin que les nomades puissent se diriger vers leur campement d’automne… et ainsi de suite à chaque saison. Ils doivent démonter toutes leurs habitations et transporter bétail, effets personnels, matériel utilitaire (incluant foyer, nourriture, couvertures, etc.) à dos de cheval et renne pendant 2 à 4 jours.

Parfois cela demande que certaines personnes fassent même l’aller-retour à plusieurs reprises. C’est vraiment beaucoup de travail.

Quoique ces nomades se soient quelque peu modernisés, ils possèdent téléphone cellulaire et pour certains la télévision, leur vie demeure toutefois précaire.  L’eau doit être puisée à même la rivière, rivière dans laquelle s’abreuvent (et se soulagent) rennes et chevaux.

Là-bas les toilettes ne sont pas des trous dans le sol, mais un trou créé par l’amas de roches.  Les Dukhas pratiquant le chamanisme et vivant au rythme de la nature, croient au respect de la terre.   Aucun déchet ne doit y être enterré (incluant les excréments humains). Ils brûlent leurs déchets à l’extérieur et non pas dans le foyer intérieur car cela apporterait malheur.  On repassera pour le confort du siège de toilette nord-américain!

Toutes ces constatations faites, m’ont permis de comprendre qu’en dehors du fait que je me promène pour un an, que je fasse et défasse ma valise au quotidien, je suis loin d’être une des leurs et, bien honnêtement, même si j’ai vraiment apprécié mon séjour, je ne crois pas que je sois faite pour ce genre de vie.

Par contre, j’ai appris à connaître un peuple authentique, qui véhicule des pratiques et croyances bien à lui.  Je suis heureuse d’avoir eu la chance de côtoyer toutes ces personnes et de pouvoir vivre, le temps de trois journées, à leur façon.  Cela m’a demandé dépassement autant physique que psychologique afin, non seulement de m’y rendre mais de m’adapter à leur vie. Je suis fière de m’y être rendue, je suis fière que Marco et moi offrions ce genre de bagage à nos enfants.

Et sans la moindre hésitation, si un jour l’idée te prend d’aller en Mongolie, je te recommande fortement d’aller te poser et d’arrêter le temps toi aussi.

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