Le Nicaragua, un pays à découvrir !

Dans le passé, j’avais déjà visité quelques pays d’Amérique centrale: Guatemala, Honduras et le Costa Rica. Cette fois-ci, le plan était différent. traverser le centre des amériques par la route. Pour ce faire, nous avons décidé de passer par le Costa Rica, le Nicaragua, le Salvador jusqu’à rejoindre notre ultime destination, le Mexique.

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Genre de paysage que tu croiseras partout sur ton chemin

Alors que je n’avais aucune attentes, le Nicaragua est venu me crier en pleine face:  « Mais pourquoi tu n’es jamais venue ici avant toi? ».  Je t’explique pourquoi, si tu décides de venir te promener en contrées latines, tu dois absolument passer par le Nicaragua.

Un peu d’histoire 

Savais-tu qu’il y a seulement une couple d’années de cela, le Nicaragua était LE pays le plus prospère d’Amérique Centrale?  Son développement économique était même meilleur que celui du Costa Rica?  Mais ça c’était avant…  Son histoire, difficile politiquement, aura eu raison de son élan.

Un peu de corruption à droite, un peu de mauvaises intentions à gauche, il n’en fallait pas plus pour que, il y a un peu plus de un an, les habitants du pays décident de descendre dans les rues pour manifester. La goutte qui avait fait déborder le vase: les coupures que le gouvernement avait effectuées dans les pensions des personnes âgées. .  Mais évidemment, comme dans toute bonne manifestation qui se respecte, des gens avec des intentions de grabuge ont mis leur grain de sel.  Résultat, des policiers ayant reçu des coups auraient répliqué.  Un enfant serait mort des suites de ces altercations, ce qui aurait encore plus accentué le conflit.

Le Nicaragua s’est alors vu attribuer la mention: pays dangereux et à haut risque.  Sous les recommendations du  gouvernement du Canada d’éviter tout voyage en ce pays, la plus importante compagnie d’aviation canadienne de vols directs a cessé toute activité.  C’est plus de 25000 touristes canadiens/an qui ont cessé de venir.  Et ce ne sont que les canadiens.  Pour une économie basée sur le tourisme ça fait mal!  Plusieurs des propriétaires d’entreprises que nous avons rencontrés nous ont dit avoir vu passer le taux d’occupation/activité de 98% à 25% en quelques mois à peine.

Mais le Nicaragua a tellement à offrir!  C’est par sa diversité qu’il a réussi à me séduire.

On débute par le sud du Nicaragua : Isla Ometepe

Située en plein cœur du lac Nicaragua, cette île volcanique en forme de « huit » a la particularité d’avoir sur chacune de ses parties un volcan.  D’un côté le volcan Concepcion et de l’autre le Maderas.  Le premier étant un peu trop intense à gravir, nous avons jeté notre dévolu sur le Maderas.  

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Chaque soir, la vue du volcan Concepcion, depuis notre plage privée, à Mérida, sur Ometepe.

C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à passer cinq jours dans le petit pueblo (village) de Merida, situé directement au pied du volcan Maderas.  Nous avons passé un 5 jours incroyable à la guesthouse Isla Bonita que gère Lesbia accompagnée de son mari Wilber et de leur petit garçon Santiago.  L’endroit aux abords du lac était charmant.  Rejoignant nos valeurs environnementales et de diminution de consommation, ils cultivent plusieurs produits afin de s’auto-suffire. Ils nous ont très bien accueillis et conseillés.  D’ailleurs, ils nous ont mis entre les mains du guide Éric (lien Trip advisor) pour l’ascension du volcan.  Chose que nous n’avons pas regretté.  

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Le volcan Maderas, vue d’en bas.

Prendre un guide ou non?!? On se pose toujours la question car on a souvent été déçus par les « guides » en question.  Mais laisse-moi te dire que pour l’ascension du Maderas, je te le conseille vivement. 

De un, parce que cette ascension est assez exigente: 1200 mètres de dénivelée, une montée en continue depuis le départ. 

De deux, parce qu’à certains moments, la randonnée se transforme en grimpe à la limite de l’escalade.

De trois, parce que même si le sentier est facilement identifiable sur Maps, il est facile de passer à côté dans la réalité.  

Bref!  Éric, notre guide, nous a informés sur différents aspects du volcan tout le long de la randonnée et m’a aussi encouragée lorsque, à mi-chemin, je croyais abandonner. Un pas à la fois, en me donnant des petits défis régulièrement, je me suis parlée et je me suis aussi adressée à mère nature!  Comme le sommet est haut, et très très souvent ennuagé, il n’est pas rare de ne pas pouvoir observer le lagon qui est situé en haut dans le cratère. 

J’ai donc dit à mère nature que je me relèverais les manches, mais, qu’en contre partie, elle devait me laisser voir le lagon.  Chacune de nous a respecté son engagement.  Je suis arrivée en haut auprès cinq heures de grimpe, et j’ai pu voir le cratère!!! Wahooooooo!

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Le fameux lagon, dans les nuages !

Je te recommande vraiment ce défi sportif que peut t’offrir l’ascension de ce volcan, mais aussi la vie à Merida, plus loin de Moyogalpa (petite ville plus touristique) où tu arriveras en Ferry.  D’ailleurs, si tu séjournes au Isla Bonita, Lesbia te cuisinera d’excellents et tellement délicieux petits plats typiques nicaraguayens.

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Le site à nous seuls !

Sur l’île, tu pourras aller te rafraîchir dans des sources volcaniques froides et limpides nommées Ojo de Agua.  L’endroit y est bien aménagé.  L’eau est super agréable par de chaudes journées.  Le bassin est super grand est bien entouré de chaises qui invitent à la détente.  Tu peux y manger, car il y a un restaurant sur place ainsi que des vendeurs de différentes collations.  De notre côté nous avons décidé de rentrer à pied jusqu’à la plage de Santo Domingo et de manger directement les deux pieds dans le sable. Le coût est un peu élevé, mais le fait de pouvoir te baigner, le sable de la plage en vaut la peine.

Granada

Après notre séjour en toute tranquillité sur Ometepe, nous avons repris le Ferry en direction de San Jorge, puis nous nous sommes dirigés en Chicken bus  vers Granada.  

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Le Parque Central de Granada, de toute beauté !

Granada ville coloniale, regorgeant d’église et de cathédrales toutes plus magnifiques les unes des autres est épatante.   Cependant, la baisse considérable de l’achalandage touristique lui a fait mal, très mal.  Les rues sont vides, les restaurants et hôtels sont inoccupés s’ils ne sont pas fermés, ce qui donne un aspect de ville fantôme à la ville.  C’est d’une tristesse incroyable, car de toute part, tu te fais solliciter par les vendeurs de souvenirs, de bijoux, les organisateurs de tours qui désirent te soutirer ne serait-ce qu’un seul dollar.

Malgré cet aspect quelque peu désolant, nous avons apprécié notre séjour entre ses murs et avons eu la chance d’en apprendre encore plus sur le pays grâce à Garry le propriétaire de l’hôtel Casa del Agua.  Un hôtel situé dans une magnifique maison ancestrale.  Je te recommande de t’y arrêter si tu passes par là.  Garry est super accueillant et ses crêpes du matin vraiment délicieuses.

De plus, si comme nous tu aimes manger local, à quelques pas de marche de l’hôtel il y a les vendeurs de rues aux abords du parc central qui te concocteront pupusas, tacos, hamburgers.  Pas très loin non plus,  il y a le marché local où tu pourras manger le fameux Vigoron (yuka, chicharrón, porc et salade de chou) ou encore le Nacatamal (plat de pâte de maïs farci de viande, riz, tomates, cuit dans de la feuille de banane).  Ce dernier est toutefois servi uniquement du vendredi au dimanche et essentiellement le matin.  Un peu plus loin, si tu veux toujours manger pour pas trop cher, il y a un resto chinois qui sert des grillades de porc ou poulet dans un kiosque de rue.  L’assiette pour un prix assez bas, inclut la viande, des maduro ( plantin cuit sucré) ou des chips de plantin et de la salade de chou.  Un petit délice.

Marcher la ville y est super agréable et, toujours depuis cet endroit, tu peux, en 15 minutes rejoindre le bord du lac (toujours le Nicaragua).  D’ailleurs, pour 6$/personne, il est possible de passer un 3 heures sur un bateau qui te fera voir les îles et d’où tu pourras te baigner dans les eaux thermales chaudes.  Il paraît que c’est bien, mais nous avons décidé de ne pas y aller question de respecter notre budget.

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De la lave en fusion, assez spéciale comme point de vue !

Nous avons plutôt opté pour la visite du volcan Masaya. Le Massaya a la particularité d’être dans un parc national et de t’offrir la vue sur son centre de lave en pleine ébullition.  Tu peux aller l’observer de jour pour 100 córdobas soit 3$US ou de soir pour 10$US.  Ils ont compris que la plupart des gens veulent voir l’effet lave/noirceur donc impossible d’y passer la journée complète et d’attendre tranquillement la soirée puis que le parc ferme à 16:30 et réouvre ses portes vers 17:30 pour le tour du soir.  Nous avons décidé d’y aller pour le coucher de soleil.  Il est possible de monter sur le sommet adjacent pour avoir une superbe vue sur les environs et même jusqu’à Granada.  Pour t’y rendre quelques options s’offrent à toi:

1- Prendre un taxi.  La plupart demandent environ 30$ US.  Nous l’avons négocié à 20$ US pour les quatre.  Il peut entrer sur le site et te mener jusqu’en haut.  Nous avions négocié le prix qui incluait l’attente dans le parc. 

2-Prendre un bus local pour 25 córdobas par personne en direction de Managua.  Il te laissera directement à l’entrée du parc qui se trouve en chemin.  Une fois sur place, tu devras débourser l’entrée du parc.  Si vous êtes deux personnes ou plus, une navette vous amènera au sommet pour 100 córdobas par personne.  Cette alternative beaucoup moins chère peut convenir aux petits budget.  Elle demande un peu plus de temps puisque le bus s’arrête régulièrement.  Il faut donc prévoir le départ plus tôt afin de ne pas manquer le coucher de soleil.  Si tu es seul, j’imagine qu’un taxi peut t’y mener moyennant un certain supplément.

Léon

Depuis Granda nous avons pris un bus pour se rendre à Managua et de là, nous sommes montés dans un mini bus qui nous a amené directement à Léon.  Ces derniers partent une fois pleins, ce qui ne prend vraiment pas de temps crois-moi!  Je crois qu’il y a des départs toutes les 15 minutes.

Nous avions réservé notre guesthouse:  la Tortuga booluda, un endroit vraiment charmant où il a fait bon vivre l’instant de ces quelques jours.  Léon, une ville étudiante regorge de vie contrairement à sa sœur Granada.  Construites simultanément, ces deux villes des ressemblent en certains points mais offrent différents attraits.  À mon avis, Léon est plus vivante et dynamique en ces temps plus difficiles.  Elle est plus authentique aussi.  Il est plus facile y côtoyer le réel quotidien nicaraguayen.

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Jules qui fait du sand boarding !

Nous avions promis au garçons de faire une activité que seul le Nicaragua offre, c’est à dire la descente en luge d’un des versants sablonneux du volcan Cerro Negro.  Nous avons donc opté pour l’organisme Quetzal trekkers qui réinvestit ses profits dans la communauté: éducation et habillement des enfants, etc. 

Pour 30$, tu partiras de León en camion, tu auras ta luge ainsi que ta combinaison et lunettes de protection de fournis.  Aussi, une petite collation te sera offerte entre tes deux descentes.  

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Très belle randonnée pour atteindre le sommet du Cerro Negro.

La première ascension, un peu plus longue compte tenu des informations données par notre guide nous aura pris environ 45 minutes.  Il est possible d’y voir différentes couleurs de roches selon les minéraux qui s’y retrouvent:  la roche rouge contient du fer, la blanche quant à elle du magnésium et la jaune du souffre ce qui offre une vue incroyable.  

De plus, il est possible de voir que les explosions antérieures du volcan ont formé un nouveau cratère.  En fait, le Cerro Negro est le seul volcan à avoir des irruptions lave par le bas et non par le haut depuis le cratère.  La randonnée n’est pas super difficile, cependant tu devras porter ta planche qui pèse un certain poids.  Si tu ne crois pas y arriver, sache que des porteurs de planche le feront à ta place pour 5$ US/planche.

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Nous sommes prêts !

Si tu es comme moi, c’est-à-dire un peu peureuse face aux hauteurs et à la vitesse, sache que l’excursion en vaut la peine et que, depuis ta luge, tu peux vraiment contrôler ta descente.  En fait, notre guide nous expliquait qu’elle avait vu des gens descendre la paroi entre 30 secondes et 9 minutes.  Donc, ne t’empêche pas de vivre cette expérience, tu seras vraiment heureux d’y être allé.  Bon!  J’ai eu du plaisir, mais pas au point d’y retourner une deuxième fois, préférant regarder mes gars et mon chum descendre depuis le bas.  Yacachimba !  ( traduction yahooo!)

Dans les jours suivants, nous aurions aimé aller visiter la fabrique de rhum Flor de Caña, mais malheureusement cette dernière n’est ouverte que du jeudi au dimanche.  Comme nous quittions le jeudi, il n’était pas possible pour nous de nous y arrêter.  Cela n’est que partie remise!  Ça nous donnera une bonne excuse pour revenir.

Esteli là où les puros prennent vie

Depuis Leon, nous sous sommes dirigés vers Esteli.  Ville très peu touristique et reconnue comme étant la plus grande région de fabrique de cigares (puros comme on les nomme ici) au monde, car plusieurs millions y sont faits chaque jour. Nous avons opté pour la visite de la fabrique de tabac Flor de San Luis.  Sache qu’il est quasi impossible de visiter par soi-même les fabriques.  La plupart n’ouvrent leur porte que si des guides sont engagés.  C’est donc avec le guide de la guesthouse de Luna international Hostel que nous sommes partis visiter la fabrique pour environ 8$US par adulte et 4$US par enfant.

Premier arrêt, les locaux de tri des feuilles de tabac.  Première constation: l’odeur qui y règne est fort, très présent et, dans la pièce de fermentation des feuilles, à cause de l’ammoniac cela en est même insupportable.  Les enfants n’ont pas réussi à y rester juste pour te dire.  Les gens travaillant à cette étape sont en charge d’enlever les veines (rainures) des feuilles et de les classer par grandeurs et couleurs ou encore, ils doivent s’assurer du contrôle de la température lors de la fermentation.

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De toutes les formes et de toutes les grosseurs, les pures d’Esteli !

Nous nous sommes ensuite dirigés vers la fabrique de cigares, là où en équipes de deux (un homme et une femme habituellement), travaillent de pair à la fabrication.  C’est qu’un cigare se fabrique en trois étapes.  Les parties 1 (intérieur fait de plus petites feuilles enroulée dans la partie 2 (constituée de feuilles plus grandes), demandant moins de minutie sont habituellement faites par l’homme.  La partie 3 ( la finition extérieure) est laissé aux bon soins de la femme.  

S’en suit le classement des Puros par couleur et grandeur.  Tout doit être identique, de même poids, grandeur, couleur, etc.  C’est un travail de précision que trois femmes font dans un local à part.  Lorsque les cigares ont une défectuosité, ils sont retournés dans le local précédant où ils seront défaits et refaits à nouveau.

Pourquoi, à ton avis, les cigares se nomment-ils Puros? C’est que, contrairement à la cigarette, ils ne contiennent que du tabac, rien d’autre, 100% pur tabac.

Dans les jours suivants, nous aurions pu aller visiter les chutes de Miraflores, mais compte tenu de la pluie, nous avons opté pour rester au chaud à notre guesthouse.  De toute façon, notre dernier arrêt nous permettrait de voir et de se rafraîchir en masse…  direction le Canyon de Somoto! 

Notre dernier arrêt au Nicaragua: Canyon de Somoto

C’est à la Finca La Ceibita de Francisco, de sa femme Yorling et de leurs enfants Francisco Jr (14 ans ) et Emmanuel (12 ans) que nous avons terminé notre séjour au Nicaragua. 

Sur la finca nous étions entourés d’arbres de mangues, limes, caramboles, jicaro, fruits passion, citronnelle, papaye et j’en passe.  Gambadaient autour de nous un âne, 4 chiens, un chat, des poules, des dindons, des gallinas guinea, des bœufs et des vaches.  

C’est dans ce décor enchanteur que lors d’une belle journée, nous sommes partis avec Francisco à la découverte du canyon.  Une randonnée d’à peu près une heure pour se rendre au bateau.  Ensuite, un petit tour de bateau pour se rendre à la fin des rapides afin de récupérer nos pneumatiques et finalement  une petite heure encore pour remonter le courant.  Finalement, après ces quelques moments à marcher et nager à remonter le courant, nous sommes arrivés à l’endroit où il est possible de sauter des parois.  Différentes hauteurs sont atteignables allant de un à 12 mètres de hauteur.  Tout ça dans les entrailles du canyon creusé il y a des millions d’années.  Il s’agit du plus vieux canyon en Amérique et (re) découvert par les européens en 2003.  Et depuis, les touristes peuvent en explorer les profondeurs. 

Depuis la Ceibita, il est possible d’aller marcher une journée à Somoto, d’arpenter ses rues et de « squatter » ses parcs qui offrent du wifi gratuit!  Haha!  

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Alix qui apprend à faire du quesito

Après quelques jours passés en très bonne compagnie, a apprendre comment faire du quesito et des tortillas, il était maintenant temps pour nous de poursuivre notre route vers le Salvador.  Nous retiendrons du Nicaragua la diversité des paysages, les nombreuses activités offertes, l’ascension des volcans et sans oublier, la générosité et l’accueil si chaleureux de ses habitants.  Nicaragua, nous nous reverrons un jour c’est certain! 

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