L’expédition d’une vie, en Mongolie

Après avoir parcouru la Russie, d’est en ouest pendant 28 jours, nous avons poursuivis notre périple vers la Mongolie.

Afin de prendre une pause de train et de voyager deux fois plus rapidement, nous avons décidé de traverser la frontière Russo-Mongolie en autobus, depuis Ulan-Ude. Trajet de 10h au lieu de 24h en train, la question ne se posait pas. Et en plus, l’achat des billets s’est effectué via internet, ce qui a grandement facilité le processus.

En établissant le trajet de notre tour du monde, Alix et moi avions envie de deux choses en Mongolie: visiter le désert de Gobi et rendre visite au peuple nomade du Nord, éleveurs de rennes, les Tsaatanes.

C’est donc avec ces deux souhaits en tête que nous nous sommes assis à la terrasse de la Khan Brauhaus, de Ulaan-Baatar afin d’établir notre plan de match des prochaines semaines. Pendant ce temps, les enfants obtenaient leur dose de jeux vidéos en s’occupant avec leur iPad.

Afin d’économiser de l’argent, nous voulions partir à la campagne mongolienne par nos propres moyens, mais on hésitait quand même un peu. Il est facile de se rendre dans les grandes villes de Mongolie,  mais la barrière de la langue et le manque d’information obtenus avant le départ nous rebutaient un peu. Nous avions déjà de la difficulté à nous faire comprendre dans la capitale, on pouvait donc s’imaginer la complexité de la tâche, une fois s’être rendus à Mörön ou Dalanzadgad!

Après plusieurs calculs et plusieurs discussions avec des guides, Alix et moi avons décidé de se libérer de l’organisation de notre périple. Nous avons donc décidé de faire affaire avec la compagnie itravel.mn. Non seulement leurs prix étaient les meilleurs, mais en plus, la propriétaire, Minjin, nous permettait de loger gratuitement dans leur guesthouse entre nos deux excursions du nord et du désert.

En plus, au retour des deux excursions, elle nous a offert de nous loger gratuitement jusqu’à notre départ pour la Chine. Cela nous permettait donc d’amortir le coût des deux excursions sur un plus grand nombre de jours et ainsi respecter notre budget. Une pierre deux coups !

On est parti !

C’est donc le 4 juillet, à 18h que nous sommes embarqués dans l’autobus, direction Mörön. Au menu, 15h de route. Les garçons ont eu tout un baptême: nous avons soupé passé 21h et nous avions une bande de saoulons qui fumait des clopes par la fenêtre derrière.

Nous sommes arrivés vers 9h, le lendemain matin. Fait un arrêt dans un immense magasin. Presque identique à un Costco (grand-papa aurait adoré). Ici, on y vend de tout: des drones, des frigos, des sous-vêtements et bien sur, de la bouffe.

Après avoir repris nos forces et fait quelques réserves, nous sommes embarqués dans une jolie petite van russe, direction la steppe mongole. Notre famille d’accueil nous attendait pour souper.

On avait bien hâte de voir les paysages, mais on ne savait pas trop à quoi s’attendre. C’est donc 8h de route non pavée plus tard, une crevaison et un embourbement dans la boue plus tard que nous sommes arrivés dans la famille de Ghanga, le patriarche de cette famille nomade.

Après avoir pris le thé, avoir mangé une soupe au mouton et pris quelques clichés du couché de soleil, nous sommes allés au lit car on avait une grosse journée qui nous attendait le lendemain. Au menu, 1h de van et 6h de cheval (30km) pour rejoindre le peuple des Dukhas, aussi appelés Tsaatanes.

Après une nuit froide à dormir au sol sur un matelas de sol aussi dur que le sol lui-même, nous avons été pris en charge par le voisin qui possédait, lui-aussi, une van russe, afin de rejoindre nos guides cavaliers.

Ce qui devait prendre 1h de route en a pris 2: encore pris dans la boue d’une tourbière. Nous avons pu constater à quel point ils sont ingénieux pour se sortir de le merde. Pas de cellulaire, pas de CAA. Seulement les éléments naturels avoisinants pour nous sortir de là. Édouard et Jules apprennent pas mal de trucs disons !

Une fois arrivés au point de rendez-vous, nos chevaux et nos guides nous attendaient. Ils emballent nos bagages et hop, pas d’explications, on embarque sur nos montures et on part.

Je dois avouer ne pas trop aimer les animaux et surtout, ne pas être super à l’aise sur un cheval. C’est moi qui est parti le deuxième, laissant Alix et les enfants seuls derrière… disons que c’est plutôt moi qui ferme la marche et qui m’assure que tout le monde va bien… pas cette fois !

Finalement, tout s’est super bien déroulé. Les chevaux étaient super calmes. Les paysages rencontrés étaient hors de l’ordinaire. On a longé une rivière, au fond d’une vallée avec des sommets de plus de 3000 mètres autour de nous. Pas une personne rencontré depuis le matin, seuls au monde. On commence déjà à capoter tellement c’est fou ce que nous sommes en train de faire.

Après avoir passé notre dernier col, on constate que la végétation n’est plus la même. On se croirait sur une autre planète. Nous sommes officiellement dans la taïga. Afin de redescendre le col, nous sommes descendus de notre monture, oh que ça a fait du bien de se dégourdir. Une fois la steppe atteinte, on commence à sentir l’excitation en voyant au loin un tipi. Des chevaux se promènent en liberté dans la vallée. C’est de toute beauté.

Les chevaux comment à augmenter le rythme, ils ont l’air d’avoir aussi hâte que nous d’arriver. Finalement, notre camp n’était pas celui que nous avons aperçu initialement, on doit continuer notre route encore un moment. Contourner une montage et on nous promet que nous arrivons bientôt … en espérant que ce soit la bonne

Bienvenu chez les Tsaatanes

Une fois la montagne contournées, 5 tipis apparaissent devant nos yeux. Une jolie rivière nous sépare de notre destination finale.

Il est près de 20h, nous avons fait 30km à cheval, mangé un seul repas, les enfants sont au bout de leurs forces. L’accueil est incroyable. Nous sommes vraiment émus, Alix pleure de joie.

Un feu bien chaud nous attendait au centre du tipi principal avec du thé au lait de renne, du pain frais et de la soupe … mais au renne cette fois. Pas de mouton !

On ne savait plus où regarder, tout est différent ici. Les odeurs, les gens, la langue, la bouffe, le paysage. Et c’est sans parler de leur bétail. Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons observer 200 rennes d’aussi près.

Ici les rennes sont les animaux de prédilection. Leur campement étant situé à 2200 mètres d’altitude, il faut trouver des animaux complets, pouvant servir à tout. Et ils semblent avoir fait un excellent choix.

Les rennes produisent un lait qui est récolté tous les matins. Ils en font du lait, bien sûr, du fromage et du beurre. Et c’est excellent. En plus, les rennes servent de moyens de transport autant pour les humains, que pour le matériel. Ils sont tout-terrains.

Au pays des Dukhas

Après avoir fraternisé avec nos hôtes, merci à nos guides/traducteurs (sans eux se périple n’auraient pas été le même), nos lits nous attendaient autour d’un feu ardent, au centre de notre tipi. Cette fois, pas de matelas, mais de simple couverture recouvraient des planches de bois, près du sol. On s’est habillé comme en hiver et nous sommes tombés comme des roches.

Au réveil, le même spectacle que la veille nous attendait: des montagnes, des rennes, des gens souriant, la nature… on ne pouvait demander mieux. Les enfants étaient encore aussi bouche-bé que la veille. C’est de toute beauté. Nous avons 3 jours ici, au milieu de nulle part.

Au menu, jasette autour d’une tasse de thé. Se prélasser au soleil (durant le jour, en été, il fait super beau), fendre du bois avec les Dukhas. Aller cueillir des petits fruits sur la montagne d’en face.

Ici, le temps s’est arrêté. Tout se passe au ralenti. Personne est stressé. Tout le monde ri et s’entraide. Les ados jouent au volley-ball. C’est de toute beauté.

Je me prends même à penser que je pourrais très bien être un Tsaatanes si l’occasion se présentait. Cela donne droit à de superbes discussions philosophiques avec les enfants et Raphaël, un belge qui fait le chemin avec nous pour les 11 prochains jours. Mais rassure toi, je serai de retour à St-Jerome l’été prochain ;-).

Après une séance de yoga en nature et quelques photos, un enfant se présente en pleurant sa vie. Puisque je ne comprends pas le mongol, je ne porte pas trop attention. Mais le mari de Minjin, qui parle anglais, se présente à moi et me demande si je peux aider les garçons: il vient de tomber de son cheval et s’est fait mal au poignet.

Ça regarde mal, fracture suspectée. Mais l’hôpital le plus près est à deux jours de cheval… Je dois donc aider ce petit bonhomme. Une heure plus tard, l’enfant dort, sous mes mains. Tous les gens sous le tipi nous regarde. C’était vraiment spécial. C’est en voyant l’enfant le lendemain que j’ai conclu qu’il avait finalement eu qu’une vilaine entorse du poignet.

À notre départ, sa main et son coude bougeait à merveille et ses parents me remerciaient. C’était magique !

Notre vie a changé

Alix et moi savions qu’il se passerait pleins de trucs durant cette année autour du monde. On savait que les enfants en sortiraient grandis. Mais on ne pensait pas que cette expérience, assez exigeante, saurait leur plaire.

Édouard s’est levé à 5h pour faire la traite de rennes. Jules s’est occupé des animaux avec les familles, afin de leur donner un coup de main. Pas de iPad. Pas de télé. Et tout le monde avait le sourire.

Au rythme de la nature, tout se pose et tout est bien plus facile. Qui plus est, il nous fallait faire le chemin inverse pour retrouver la civilisation: ils étaient hyper contents de refaire du cheval à nouveau !

Ce peuple nous a permis de nous centrer sur les vraies choses. La vraie vie. Ce qui compte vraiment. Ce fût très ressourçant, malgré le défi qui nous attendait nous avons adoré et je te recommande de faire cette expédition si tu en as la chance. C’est magique !

Cela place la barre bien haute pour notre visite du désert, dans 4 jours !

Quelques conseils

Je te recommande d’emporter ou de louer à UB un matelas de sol et un sac de couchage très chaud. Même en été, les nuits en Mongolie sont froides et les matelas sont l’enfer !

Assure toi d’avoir un guide qui parle bien l’anglais voir même le français si tu peux. Sinon ce voyage sera beaucoup moins intéressant.

Négocie bien ton expédition et ne te gêne pas pour demander à la personne qui te vend le tour, s’il est possible de dormir avant et après, dans leur établissement, gratuitement. Cela te fera économiser.

On a payé 400US par personne, tout compris, pour 11 jours.

Il est possible de tout faire soi-même, mais il sera bien compliqué de te trouver un guide une fois rendu à Mörön. Tu trouveras un chauffeur sans problème. Mais il te faut quelqu’un qui parle anglais ou français afin de bien pouvoir comprendre la réalité des habitants de la taïga et de la steppe.

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. DELANNOY dit :

    Bonjour,
    Magnifique article, merci pour le partage; nous entamons notre tdm 15 jours et cette expédition me fait rêver, mais mon homme moins… Va falloir être convaincante… J’espère pouvoir rédiger des articles de même qualité !!! Bonne continuation.

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    1. Marc-Olivier dit :

      Merci du commentaire ! Ça et le désert sont les expedition must à faire selon nous !

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  2. Nico dit :

    Bravo pour ce bel article. Ca fait du bien de lire ce genre de périple. Nous sommes partis deux ans et avons vécu de très belles histoires aussi, perdus dans la nature et au contact des locaux. Et puis la Mongolie nous fait bien envie aussi …

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    1. Marc-Olivier dit :

      Merci pour ce beau commentaire ! Quels pays avez vous visité lors de votre périple ?

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